Je suis née dans les années 70, en Belgique. Un pays parfois compliqué politiquement, mais profondément chaleureux et accueillant. Entre ciel gris, bière et frites, les Belges restent lumineux.
J’ai grandi dans un cadre rigide, avec un avenir qui semblait déjà tracé. De mes parents, indépendants et très investis dans leur travail, j’ai hérité de l’autonomie, de la persévérance et du goût du travail bien fait.
Très tôt pourtant, j’ai senti que je ne rentrerais pas tout à fait dans le cadre. Trop sensible, trop curieuse, avec cette soif permanente d’apprendre et de comprendre.
Une gouvernante a changé le cours des choses. Avec elle, j’ai découvert les livres, l’écriture, le théâtre, la danse, la musique et l’imaginaire. Grâce à elle, ma créativité a trouvé un espace pour respirer.
Pourtant, en grandissant, j’ai suivi le chemin qui semblait prévu pour moi et me suis orientée vers la gestion d’entreprise.
Puis j’ai décidé de rebattre les cartes qui m’avaient été distribuées.
Mère de deux enfants, j’ai repris mes études à trente ans pour devenir infirmière. Les soins palliatifs se sont immédiatement imposés comme une évidence. J’y ai trouvé ma place et appris l’importance d’une chose simple : être là. Juste un témoin bienveillant.
Puis mon corps a dit stop. Un handicap m’a éloignée du terrain et m’a forcée à me recomposer une identité.
Mais il restait les mots. Et la créativité.
Aujourd’hui, j’écris sur les vies ordinaires qui ne le sont jamais vraiment, les fragilités, les élans de courage et les liens invisibles qui unissent les êtres.
Je crois profondément que chacun porte en lui une histoire qui mérite d’être racontée. Dans un monde où il est facile de céder à l’abattement, j’ai fait le choix de chercher la beauté et l’humanité partout où elles se cachent.
Je n’ai pas changé de vocation.
Je soigne simplement autrement. Avec des mots.